Implanté sur un promontoire rocheux, à la jonction de deux cours d’eau, le site de Boutavent domine la partie orientale de la forêt de Paimpont. Le point culminant offre un beau panorama sur Brocéliande. D’une surface de près de 6 500 m2, le château est constitué de deux enceintes : une haute-cour et une basse-cour, avec un fossé qui les sépare.

La haute-cour

L’enceinte de la haute-cour s’adapte à l’éperon rocheux. Elle a une forme triangulaire d’une surface de 500 m2. Des talus périphériques, encore bien visibles, sont surmontés de murs sur des hauteurs de 2,50m à 4m. À l’intérieur, un microrelief laisse supposer l’existence d’un bâtiment.

 

La basse-cour

Depuis 2006, cette enceinte fait l’objet de restaurations sur les côtés nord-est et sud. En forme de quadrilatère irrégulier de 4 300 m2, la basse-cour conserve des talus de terre recouvrant les vestiges des murs de plusieurs bâtiments. Elle est ceinturée sur trois côtés par des murailles. Leur hauteur conservée varie de 30cm à 3,50m et leur épaisseur est comprise entre 80cm et 1,50m. Trois archères ont été mises au jour dans la muraille sud. On constate aussi la présence ponctuelle de contreforts extérieurs et intérieurs. Sur le quatrième côté, la limite est constituée par le fossé entre la haute-cour et la basse-cour.

 

Les matériaux de construction

Les murs, dans leur quasi-totalité, sont en schiste pourpre, la pierre locale. Les pierres, d’assez mauvaise qualité, ont été extraites des fossés et des petites carrières environnantes. Les blocs de grandes dimensions ont toujours été repérés aux angles des murs, pour les ouvertures et les contreforts. Ce sont les seuls éléments ayant fait l’objet d’une taille. Le liant est une terre ocre très fine. D’autres roches sont présentes de façon marginale dans la maçonnerie : grès et poudingue.


Les recherches archéologiques en cours avec le CERAPAR

2015 : les sondages archéologiques de la muraille nord-est

Ces dernières découvertes sont essentielles pour la connaissance du site. Une partie des vestiges est désormais bien visible. « Nous avons découvert la tour-porte du château localisée dans l’angle sud-est de la basse-cour. C’est une découverte importante, nous ne l’attendions pas à cet endroit. Au fil du dégagement du mur, trois ouvertures à ébrasement, une possible poterne et la base d’une tour carrée de flanquement ont été mises au jour. Nous avons découvert également un bon nombre d’objets tels que des ardoises, des tuiles faitières, des clous, des briques, des tessons de céramique. Ces fragments d’objets nous permettent de dater les périodes d’occupation de la partie sondée du château de la fin du 12e jusqu’au 15e siècle. »


 2017 : le sondage de la muraille sud-est et la suite de la Tour-porte

Afin de poursuivre la valorisation du site, Montfort Communauté a obtenu l’autorisation du Service Régional de l’Archéologie d’effectuer un nouveau sondage. Une quinzaine de bénévoles spécialistes du CERAPAR, dirigés par André Corre, ont participé à l'opération du 4 septembre au 18 octobre. 

50 m²  ont été passés au peigne fin avec encore une fois son lot de découvertes et d’interrogations : un mur d’enceinte qui a subit des transformations ultérieures, une ancienne colonne réutilisée dans la maçonnerie du mur d’un four, une tour-porte plus importante que prévu… et aussi la première pierre réellement sculptée est apparue lors de cette fouille : une base de cheminée ou de porte utilisée en réemploi dans la maçonnerie ?

Après la phase de fouille, l’équipe est passée aux analyses et aux relevés afin de réaliser des plans et des dessins pierre à pierre très précis. Ils permettront par la suite d’élaborer le rapport scientifique et d’émettre des hypothèses. Les vestiges sont désormais recouverts (géotextile + terre ou bâche) pour l'hiver afin de les  protéger  en attendant la restauration à venir.


Le mobilier découvert

Lors des sondages, des fragments de petits mobiliers ont pu être découverts dans la basse-cour. Principalement des ardoises, des tuiles, des briques et des tessons de céramique... La pièce la plus intéressante est un fragment de chauffe-plat en céramique. Ces éléments nous permettent de confirmer la période d'occupation du château entre le 12e et le 15e siècle.


Archéologie et Numérique

Quand les nouveaux outils numériques se mettent au service des recherches archéologiques, les résultats sont assez impressionnants. Cela conforte le travail des historiens et  permet une valorisation du patrimoine innovante pour le grand public .

Quelques hypothèses de reconstitution du château (réalisation CNPAO). Ces reconstitutions sont susceptibles d'évoluer au fur et à mesure des découvertes faites lors des sondages archéologiques.

Scan et impression 3D d’une pièce de mobilier archéologique

Un pied de chauffe plat en céramique daté du XIVe siècle, retrouvé lors des fouilles. Cette réplique pourra servir de fac-similé, facilement manipulable, dans le carré de fouille pédagogique pour les scolaires ainsi qu’en présentation lors des visites guidées pour le grand public.

Modélisation et impression 3D  de mobiliers reconstitués (exemples de la même époque)

Clés, pièces de monnaie et pointes de flèche. Ces répliques résistantes sont utilisées dans le carré de fouille pédagogique pour les scolaires.


Encore plein de mystères...

L’état actuel du site est la conséquence de son évolution durant tout le Moyen-Âge. C'est aussi le résultat d’une récupération des pierres du 16e au 19e siècle après l’abandon du château. Cela ne nous permet d’avoir qu’une vision en plan. Les hypothèses d’élévations sont impossibles à établir et de nombreuses questions restent posées. Quelle était la hauteur des bâtiments ? Simple rez-de-chaussée ou avec un étage ? Étaient-ils uniquement en pierre ou avec des élévations en terre ? Quels types d’ouvertures ? …

 

Sa superficie de 6500 m2 est comparable à celles des châteaux de Châteaugiron et Vitré qui avoisinent les 5000 m². Ce site était le symbole d’un pouvoir et d’une organisation sociale et économique importante.

Dans le corpus des châteaux bretons, ce site castral tient une place singulière et est encore bien mal connu. Il possède un potentiel archéologique et historique important. Il offre un vaste champ d’investigations pour répondre aux nombreuses questions qui se posent encore…


La restauration des vestiges

En période de sondage archéologiques, les vestiges sont recouverts temporairement pour les protéger des dégradations et des intempéries. Lors des phases de restauration, les murs sont remontés sur des hauteurs limitées. Il n’est en effet pas possible de s’avancer sur les élévations de l’époque. Le but n’est pas de reconstruire le château mais de pouvoir observer son plan global. Des ardoises sont placées entre les pierres pour rendre visible les parties restaurées ; nous pouvons ainsi différencier le « vieux » du « neuf » (réversibilité possible).

Les zones archéologiques qui ne sont pas encore explorées restent volontairement enfouies sous la végétation pour les protéger. La gestion des espaces verts fait partie intégrante de la gestion du site archéologique.